Chargement.

IMG_9542
IMG_9569
IMG_9553

Lionel Grenier : « Entre le président et le partenaire, c’est parfois schizophrénique »

Lionel Grenier présente la particularité d’être à la fois le co-Président du club du FC Sarlat-Marcillac mais aussi l’un de ses principaux partenaires par l’intermédiaire du magasin des Cheminées et Poêle Philippe qu’il dirige. Une double casquette qu’il a déposé sur sa tête bien faite en intégrant d’abord le club en tant que parent puis en prenant la direction au moment du grand bouleversement causé par l’irruption du COVID. Si ce self made-man est un entrepreneur à succès, à la fois avisé et reconnu, lorsqu’il s’agit du foot la passion prend souvent le dessus. Entretien avec une homme pressé aux multiples activités.     

 

 

Lionel, pouvez-vous évoquer pour nous votre parcours professionnel ?

Je suis entré très jeune dans le monde du travail. A 17 ans et demi j’ai décidé de quitter l’école. Soit, je n’étais pas fait pour elle ou était-ce elle qui n’était pas faite pour moi. Je suis entré dans la vie active en tant que vendeur en électro-ménager. J’ai travaillé pendant six ou sept dans un magasin dans lequel j’ai fait mes gammes. A l’âge de 23 ans, avec ma femme Sandrine, nous avons ouvert, sous enseigne, un magasin de déco, d’art de la table et de linge de maison qui se situait à Sarlat la ville d’où je suis originaire et où je suis né. Nous avons fermé le magasin en 2010 mais entre-temps, en 2007, nous avions racheté le magasin des cheminées et poêles Philippe que j’ai conservé jusqu’à aujourd’hui.

 

 

Quel a été votre premier contact avec le FC Sarlat-Marcillac ?

J’ai joué un peu au foot lorsque j’étais gamin, mais c’était au SFC, le Sarlat Football Club, une autre époque. Mais le foot n’était pas mon sport de prédilection. J’ai joué au volley au niveau régional, j’ai également joué au basket. Je suis venu au club de foot parce que mon fils a signé sa première licence à six ans à l’école de foot. Je l’ai accompagné en tant que papa. Puis j’ai été un bénévole de plus en plus impliqué, jusqu’à devenir Président il y a quatre ans.

 

 

Comment passe-t-on de bénévole à Président ?

Entre ces deux étapes, le COVID est passé par là. L’ancien Président, Francis De Bernard, était fatigué. Ce fut une période très compliquée pour le club puisque, comme les autres, nous avons perdu à peu près la moitié de nos licenciés. Plus personne n’avait la tête à aller au sport. L’ancien président m’a donc sollicité. J’ai repris le club, à ce moment-là, en conservant auprès de moi tout le reste de l’équipe en place. Ils ont pensé à moi pour ma qualité d’entrepreneur, je gérais déjà le partenariat d’entreprise pour le club. Mais aussi parce que je m’occupais de la catégorie des U17. Je ne me suis pas longtemps posé la question de l’engagement car, par ailleurs, ma femme était déjà trésorière du club.

 

 

Quelles ont été vos priorités lors de cette période troublée ?

La priorité est de consolider notre socle, la formation. Il s’agit de l’identité du club qui se formalise à travers les labels mais aussi la formation de nos coachs. Le COVID ne nous a pas pénalisé financièrement puisque, si nous avions moins de licenciés, nous n’avions plus non plus de dépenses de déplacements ou de gestion. Les licenciés sont ensuite revenus très naturellement et en force. Nous avons connu une grosse activité, une grosse affluence après le COVID.

 

 

Aujourd’hui le FCSM avec ses 450 licenciés est un club qui compte.

Nous n’avons pas à rougir de notre statut de grand club du coin. Même si parfois nos entraîneurs nous rapportent des accueils distants de la part de nos adversaires. Parce qu’on arrive en tenue, disciplinés. Le nombre de nos équipes a pu aussi être sujet à sourire puisque, des U9 aux U11, nous pouvions avoir huit équipes. Nous débarquions en force. Je le répète, si nous sommes effectivement le grand club du coin, nous sommes aussi toujours le petit de quelqu’un. Notamment de Bergerac ou de Trélissac. Nous avons formé énormément de joueurs et d’entraîneurs qui sont venus fournir le vivier des clubs autour de nous. Des joueurs et des entraîneurs bien formés. Nous en sommes fiers. Le foot en sarladais ne fonctionne pas qu’avec Sarlat. Mais il ne marcherait pas sans Sarlat. Nous avons des équipes qui évoluent au niveau Ligue et notamment la formation fanion pensionnaire de R3.  Mais Meyrals, Limeuil ou Salignac sont aussi des clubs qui travaillent très très bien.

 

 

Cette ouverture, vous l’avez prônée aussi, en tant que Président, à d’autres niveaux.

C’est vrai qu’elle est très importante pour moi. J’ai notamment mis le sport adapté au cœur de notre projet club. J’ai été force de proposition et d’action avec la société Althéa et des hommes comme Patrice Cessac et Jacky Catoir. Nous avons également été épaulés par le District, à l’époque, et le CNOSF. Par ma trajectoire de vie j’ai toujours, à titre personnel, été très sensibilisé et impliqué sur la cause du handicap. Mon idée reposait sur l’intégration. Je ne voulais pas d’une équipe foot adapté de Sarlat mais que le club du FCSM dispose de sa propre équipe de foot adapté. Cette intégration est aujourd’hui parfaitement réussie. L’équipe de foot adapté fait partie du club et participe, au même titre que les autres licenciés, à toutes nos activités. La diversité est importante au sein d’un club. La diversité de genre aussi. Quand je suis arrivé j’ai aussi voulu réintégrer, au sein du club, une équipe féminine qui était associée, à ce moment-là, à Salignac. Nous avons recréé notre équipe 100 % féminines à Sarlat. Ce n’est pas pour exclure les autres. Mais un club de plus de 450 licenciés se doit d’avoir une section féminine étoffée et performante.

 

 

Comment se passe la cohabitation entre le co-Président et le partenaire que vous êtes ?

Entre le Président et le partenaire, c’est parfois schizophrénique (rires). La passion du sport peut prendre le pas sur les autres considérations plus économiques. Je réagis plus en tant que président qu’en tant que partenaire. On discute toujours de nos nouveaux projets, on est très motivés, et tout ceci réclame des aides évidemment. Les cheminées Philippe avec Go Sport ou Leclerc sont les plus gros partenaires du club.

 

 

Comment vous inscrivez-vous dans le paysage général du sarladais ?

Sarlat est un grand village. Tout le monde se connait. Tout est entremêlé. Nous faisons partie à la fois du tissu économique, sociétal et associatif de la ville. La cohabitation est bonne. J’ai, à titre personnel, cette vision périphérique de chef d’entreprise, de co-président du club de foot et de membre d’autres associations. J’ai aussi cet avantage de ne pas venir, au départ, du monde du foot. Je n’ai pas les mêmes relations que lorsque l’on est un ancien joueur du club qui est passé de l’autre côté. Je suis arrivé en tant que parent, puis président. J’ai géré le club comme une entreprise pour garder et développer ce socle important de la formation. Nous y sommes parvenus, en grande partie, grâce à nos coachs. Ils sont tous, quel que soit la catégorie, très impliqués. Nous pouvons les remercier car sans eux le club ne serait pas où il en est.

 

 

Vous êtes un Président très impliqué, d’un point de vue financier, mais aussi par le temps que vous y passez. Qu’est-ce qui vous motive à passer, par exemple, derrière la friteuse les jours de match ?

C’est parce que j’ai une passion pour les frites (rires). Non, plus sérieusement il faut bien que quelqu’un le fasse. Car si Sarlat est un gros club, nous manquons, comme tout le monde, de bénévoles. Si moi je ne vais pas aider, qui le fera. Il faut le faire. Une soirée sans que la friterie soit ouverte ce n’est pas une soirée festive. Une soirée sans buvette non plus. Ce n’est pas pour faire consommer mais ça créé toute une ambiance. Un match de foot du samedi soir ce sont les odeurs de frites, de merguez, de bières autant que l’odeur de l’herbe. Les copains boivent un coup ensemble, avec modération, et nous nous retrouvons tous.

 

Comment se caractérise la participation des Cheminées et Poêles Philippe dans la vie du club ? 


Il y a une participation conséquente en argent tout au long de l’année. Nous fournissons aussi pour nos lotos un poêle à bois et un brasero. Il n’y a pas de mystère, nous avons besoin de fonds pour le club. La participation des institutions ne suffit pas. Les recettes de la buvette non plus. Nous avons les ballons à payer, l’essence des bus, les assurances, les salariés. Les lotos notamment sont vitaux. Pas seulement au sens pécunier du terme. C’est aussi un moment où l’on va rassembler des proches du club, mais aussi des gens extérieurs qui ne connaissent pas du tout le club. Ils vont pouvoir se rendre compte de l’activité, de la vie d’un club de proximité. C’est aussi un exercice de communication que nous faisons.

Comment envisagez-vous votre avenir au sein du club ?
Je ne me suis jamais caché que dans un avenir plus ou moins proche je passerai la main. Je pensais le faire plus tôt et finalement j’ai reçu le soutien de mes coprésidents, Damien Musset et Willfried Biancuzzi, ainsi que de mon comité directeur constitué de 12 personnes. Notre action est collégiale. Nous avons aussi mis en place des commissions portant sur différentes activités et qui nous remontent l’information. Il y a, derrière ce poste de président, tout l’affect des relations que j’ai pu nouer avec chacun dans ce club. Il y a ce côté humain que l’on ne retrouve nulle part ailleurs que dans le sport lorsque vous partagez la joie des victoires ou la peine des défaites. Malgré tout je céderai la main car nerveusement c’est aussi difficile. C’est pourquoi je me suis entouré de Will et de Damien. Tous les trois, nous sommes complémentaires et c’est formidable. Damien va être vraiment sur l’aspect communication. C’est son cœur de métier. Il a des idées exceptionnelles, une vision différente du club de demain sur la communication, sur l’attractivité auprès des sponsors. La volonté de solliciter nos partenaires différemment. Des choses que l’on ne maitrisait absolument pas avant. Le projet partenariat est très impressionnant. C’est digne d’un club qui évoluerait beaucoup plus dans l’élite que nous ne le sommes. S’agissant de Will, c’est le métronome au niveau des festivités. Nous faisons désormais des fiestas foot beaucoup plus importantes. Il a été, avec d’autres joueurs, à l’initiative de remettre cette fiesta foot au gout du jour. C’est une très belle fête. Et nous avons aussi, à côté de cela, les lotos que nous ne maitrisons pas avant que Will ne nous apporte cette expérience-là. C’est formidable et notre trio fonctionne remarquablement bien.            

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *