Luis Rodriguez : « Nous avons en commun cet esprit d’équipe »
Luis Rodriguez est le Directeur Général de trois hôtels à Sarlat, le Grand Hôtel avec ses deux pavillons, le Selves et le Clos de la Boétie, ainsi que l’hôtel de La Hoirie et son restaurant gastronomique. Bras droit du propriétaire, Jean-Louis Ducatel, il séduit et fédère par son professionnalisme mais aussi par sa personnalité et son parcours atypique.
Né en Espagne, élevé aux Etats-Unis, ce polyglotte, globe-trotter, est de ces personnalités qui font la richesse d’un territoire par la diversité et la vision différente qu’il peut apporter tout en respectant ce qui fait l’identité du Périgord dont il est tombé amoureux. Cette volonté de participer à la vie de la ville l’ont amené à soutenir le club de football du FCSM. Mais là encore, comme un leitmotiv, c’est une histoire d’Homme qui l’a embarqué.
Pouvez-vous évoquer votre parcours professionnel qui a vous amené jusqu’à Sarlat ?
« Mon parcours a débuté, il y a plus de trente ans en Normandie, à l’hôtel Royal Barrière de Deauville. J’y suis arrivé par le plus grand des hasards. Car si je suis né en Espagne j’ai été adopté bébé aux Etats-Unis. J’ai vécu vingt ans outre-Atlantique puis j’ai décidé de partir voir le monde, seul, pour forger ma propre expérience.
J’ai rencontré une Française qui m’a invité en Normandie. J’ai commencé à travailler la nuit au Royal Barrière, puis le jour. J’ai été assistant du concierge puis moi-même concierge, j’ai appartenu à la grande confrérie des Clés d’Or. Je suis passé également par Courchevel mais c’est à Chamonix, à l’hôtel du Mont-Blanc, que l’on m’a donné ma première chance à la direction. J’ai été ensuite directeur de l’hôtel Rochester Champs-Elysées à Paris, un très bel établissement également, avant de devenir propriétaire de mon propre hôtel restaurant à Arromanches, près des plages du débarquement en Normandie. Je l’ai vendu et je suis arrivé à Sarlat il y a six ans. »
Quel est votre lien avec le Périgord, votre région d’adoption ?
« C’est une région formidable. Par sa gastronomie évidemment mais aussi par ses paysages. Ces quatre Périgord sont à la fois si différents et si complémentaires pour créer une unité. La grande comme la petite histoire est partout ici. Elle est inscrite dans les pierres des maisons, des châteaux. C’est un endroit unique au monde.
Nous avons dans nos hôtels beaucoup de clients américains qui viennent chercher cette expérience unique. Ils sont amoureux de cette région. Au Grand Hôtel nous avons notamment accueilli une partie de l’équipe du film de Ridley Scott, le dernier duel avec notamment Matt Damon, film qui a été tourné dans la région. »
Comment vos établissements s’inscrivent-ils dans l’environnement économique et social du sarladais ?
« Sur nos différents établissements j’ai l’opportunité de collaborer avec 45 personnes. Dont 8 qui travaillent avec moi à l’année. Les autres sont des collaborateurs très fidèles qui reviennent pour chaque saison.
La plupart sont des Sarladais. C’est essentiel de donner du travail à ces gens sur place car ils sont aussi porteurs de cette identité qui fait notre force et notre différence. »
Comment êtes-vous devenu partenaire du Football Club Sarlat-Marcillac et quelle est la nature de ce partenariat ?
« C’est d’abord une histoire d’Homme. J’ai eu la chance un soir dans un restaurant, pas très loin d’ici, de faire la connaissance de Jérémy qui est un joueur du club et qui y travaille également comme alternant responsable notamment de la communication. Son enthousiasme m’a emporté.
C’est vraiment un garçon formidable. J’ai donc décidé de lui donner un coup de main et de donner un coup de main au club en prenant en charge une partie du coût de cette alternance. C’est ce lien spécial entre nous qui m’a ouvert la porte vers ce mécénat. »
Quelles valeurs communes partagez-vous avec le FCSM ?
« D’abord, je dois dire que j’aime le football. Je l’ai pratiqué étant plus jeune. Ensuite, je crois que ce que nous avons en commun c’est cet esprit d’équipe. C’est cette unité qui constitue notre principale valeur commune. Nous sommes ici dans les salons du Grand Hôtel et vous voyez autour de vous toutes ces personnes qui s’affairent au service des clients. Nous formons un tout. Nous travaillons tous ensemble.
Si un maillon de cette chaîne cède ça ne fonctionne plus. C’est comme au football. Il y a onze joueurs sur le terrain et si un ou deux ne sont pas en forme alors l’équipe sera moins forte. Pour poursuivre cette analogie, je suis un peu l’entraîneur, celui qui va faire le nécessaire pour l’équipe. Si elle gagne, c’est bien. Si elle perd, c’est toujours la faute de l’entraîneur. Ici, j’ai un chiffre d’affaires à respecter. A la fin de l’année nous faisons le bilan. S’il est mauvais ce n’est pas la faute des collaborateurs, c’est ma faute. Voilà comment je vois les choses. »
Le FCSM a pris une nouvelle direction pour mettre en avant ses partenaires. Une collaboration qui va bien au-delà de la simple présence d’un panneau publicitaire autour du terrain. Etes-vous sensible à cette démarche ?
« Totalement. J’en suis le parfait exemple. Je n’aurais jamais acheté un espace publicitaire car ça ne correspond pas à mes besoins et à mes aspirations. Cette possibilité d’aider le club autrement avec une action concrète, voilà ce qui m’a séduit. Je travaille beaucoup avec le cœur et je garderai le plaisir d’avoir fait quelque chose pour quelqu’un. Ce plaisir de partager, de transmettre, c’est aussi ce qui fait ma personnalité.
Parce que dans ma profession j’ai bénéficié de ces coups de pouce de personnes bienveillantes. Cette fraternité est essentielle pour moi. J’essaie de l’exercer dans tous les domaines. A titre personnel mais aussi professionnel. Il n’est pas rare, lorsqu’il y a beaucoup de monde au restaurant de l’hôtel de la Hoirie, de me mettre à la plonge. Parce que j’estime que nous sommes tous ensemble et que c’est tous ensemble que nous parviendrons à devenir meilleurs. »